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HANTISE DES INONDATIONS A MÉDINA GOUNASS : Propriétaires de maisons cherchent désespérément acheteurs

  • Source: : Lobservateur | Le 27 avril, 2010 à 06:04:15 | Lu 2250 fois | 0 Commentaires
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HANTISE DES INONDATIONS A MÉDINA GOUNASS : Propriétaires de maisons cherchent désespérément acheteurs

La saison des pluies s’approche. Cette saison redoutable et tant redoutée par les habitants des zones inondables et inondées de la banlieue hante déjà les esprits. A Médina Gounass, propriétaires de maisons et locataires semblent se mettre dans une situation de veillées d’armes. Vendre l’invendable maison pour les premiers, fuir les lieux pour les autres, voilà l’urgence.

Au beau milieu d’une agglomération de maisons pitoyablement debout, se dresse telle sa majesté devant ses valets, une maison à étages chichement carrelée de l’intérieur comme de l’extérieur. Elle se détache du décor malsain et insalubre qu’offrent ces maisons que venaient de libérer les eaux de la dernière saison des pluies. Lesquelles maisons portent encore les stigmates d’un terroir prisonnier pendant longtemps d’un vaste tapis hydrique. Nous sommes à Médina Gounass, une commune d’arrondissement qui a connu les affres des inondations. Dans ces endroits précis, personne n’osait mettre le pied il y a cinq mois. Tout le quartier avait déménagé à l’exception de quelques individus condamnés à devenir les souffre-douleurs d’un phénomène qui dépasse même les plus hautes sphères du pays. Comme à l’accoutumée, le vieux Ahmadou Tall se pointe en ce dixième jour de ce mois d’avril dans une maison où dorment deux locataires quasi inamovibles. Cette maison qu’il a mise en location, c’est lui même qui l’avait occupée avec sa famille. Aujourd’hui, Ahmadou et les siens vivent dans une villa sise à Keur Massar nouvellement acquise par le fils du vieil homme, un émigré établi en Espagne. Cette maison lui rapportait, jusqu’ici, de l’argent mensuellement. Des loyers qui lui permettent de pouvoir subvenir à ses autres besoins que son fils émigré n’est pas en mesure de satisfaire. Récemment, quelqu’un lui avait proposé sept millions pour acheter la maison. Trouvant cette somme modique par rapport à la valeur de la maison, il maintient la surenchère. Aujourd’hui, il ne cesse de crier sous tous les toits les regrets qu’il nourrit. Pour la simple raison que, deux ans seulement après avoir reçu cette proposition, les inondations ont défiguré le quartier. Une bonne partie de la maison est sous les eaux, pendant des mois avant d’en être libérée grâce au plan Orsec. Des mois plus tard, la maison retrouve son état initial et les chambres sont à nouveau occupées par des locataires, en attendant les prochaines pluies.

Mais le vieux est conscient qu’il a intérêt à se débarrasser de la maison avant l’hivernage qui se pointe, au risque d’être sevré des recettes que générait le loyer. Voilà pourquoi, Ahmadou Tall cherche vainement acquéreur depuis des mois. Un acquéreur plus qu’hypothétique, sans lequel il risque de se retrouver dans une impasse financière. Il vit en ce moment dans l’angoisse des dernières promptitudes qui risquent de déborder le vase de l’espoir. Cette angoisse, le vieux la partage avec d’autres propriétaires de maisons. Comme son ami, le vieux Mbaye rêve lui aussi de rencontrer un client déconnecté des réalités de ces zones inondées et qui serait prêt à acquérir une maison. Assis sur une chaise adossée au mur de clôture de sa maison, le vieux Mbaye est véritablement passionné par ce sujet. Pour lui, l’idéal est de vendre la maison et de pouvoir partir d’ici avec des millions en poche. Il est père d’une famille très nombreuse. L’année dernière, sa maison avait été envahie par les eaux de pluie. Il n’avait pas bougé d’un iota parce que n’ayant pas les moyens de prendre en location un appartement pour toute sa progéniture.

« Partir, la seule solution »

Juste après la fin de l’hivernage, il faisait partie des éléments les plus actifs lorsqu’il s’était agi de mutualiser les efforts des uns et des autres pour pouvoir libérer le quartier des eaux de pluie. « Je suis bien conscient que partir d’ici est la seule solution. Mais qui est aussi bouché pour acheter une maison dans ce quartier ? » S’interroge-t-il. Un quartier au centre d’une forte campagne de médiatisation au plus fort des inondations des années précédentes. « Tout récemment, je m’étais mis d’accord sur un prix avec un homme qui voulait acheter ma maison, mais quand il a fait le tour des lieux et découvert ces maisons alentours faisant office de brousse en miniature, il n’est plus revenu », nous apprend le vieux Ahmadou Tall. L’existence d’une maison à étages surplombant le domicile du vieux Tall semble quelque peu tempérer sa colère. « Celui-là a investi plusieurs millions pour la construction de cette maison exclusivement destinée à la location, nous l’avions averti... », Dit-il. Par un geste de la main, le vieux Ahmadou Tall nous apprend que tous les propriétaires des ces maisons ne rêvent que de rencontrer un acquéreur. « Le rêve ne se réalisera jamais, c’est sûr », prévient-il. La vieille Françoise fait aussi partie de ceux qui sont à la recherche des businessmen de l’immobilier. Elle est certaine que sa maison, peu touchée par les eaux de l’année dernière, n’est point à l’abri d’une plus méchante invasion hydrique lors des prochains hivernages. C’est la raison pour laquelle elle a engagé des courtiers capables de dénicher l’oiseau rare. « J’ai perdu le sommeil parce qu’obnubilée par le sort que nous réservent les prochains hivernages », se plaint-elle. Le locataire Ousseynou Sarr quant à lui, opte pour quitter toute cette zone potentiellement inondable. « J’ai déjà trouvé une chambre pour moi à Pikine, mais c’est ma mère qui ne veut point me rejoindre, elle veut encore rester là ».


 


Auteur: Abdou DIOP - Lobservateur

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