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PRODUITS ALIMENTAIRES : Un marché entre péremption et date limite d’utilisation

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PRODUITS ALIMENTAIRES : Un marché entre péremption et date limite d’utilisation

Ce n’est pas tout simplement une gare routière Petersen, C’est aussi l’un des plus grands marchés des produits alimentaires d’occasion. Souvent considérée comme activité de seconde zone, cette vente nourrit pourtant son homme. Ses adeptes se défendent de ne point vendre des produits périmés.

Petersen, en ce jour d’après pluie, donne une image peu reluisante. Les hommes se disputent l’espace avec les véhicules dans la chaussée ensablée et encombrées de matières plastiques imperméables qui forment, avec les eaux de pluie, une boue nauséabonde. Les commerçants ont posé leurs tables sur le trottoir. On y trouve du tout ; de la margarine, des boissons et du lait en poudre et en liquide, des produits alimentaires en concentrés, des essences, de la mayonnaise, de la pate dentifrice, etc. Il y a quelques marques locales et plusieurs étrangères. Certaines sont connues, d’autres le sont moins ou pas du tout. A première vue, certains produits sont intacts, d’autres ont les emballages endommagés ou rouillés, ou déchirés par endroits.

Devant sa table, Mariétou Fall met de l’ordre. Elle est interrompue par un sexagénaire qui marchande un sachet de poudre à diluer pour boisson. « J’en achète très souvent », confie le vieux sous le couvert de l’anonymat. De différents formats, couleurs et marques, les poudres en sachet sont sans doute les plus vendus. Depuis « cinq ans », Madame Fall vend des produits alimentaires. Elle se ravitaille chez quelques grossistes de la capitale. Des particuliers, viennent aussi lui en proposer. Un point de vue soutenu par Oumy, une quinquagénaire qui a passé plus de vingt ans comme vendeuse. « Nous ne vendons pas de produits périmés », se défend-elle non sans préciser : « J’ai été une fois amenée à payé une amende parce que les agents ont effectué un contrôle le 17 du mois et ont trouvé sur place un produit dont la date de péremption était le 15. J’ai payé l’amende et depuis lors je fais attention aux dates de péremption ». Cette dame qui, il y a deux ans, a vu se réduire en cendre ses deux magasins lors d’un incendie, soutient que ce commerce nourrit son homme. Oumy a deux boutiques, à Peterson. L’une est gérée par sa sœur, l’autre, en cette période de vacances, par une de ses filles qui est au collège. Pour beaucoup, le commerce des produits alimentaires à l’air libre ou dans des conditions peu recommandées est une activité de seconde zone. Oumy, elle, est catégorique. Elle réaffirme que les produits proposés sont de bonne qualité. « Chez moi, ce sont les produits qu’on consomme », relève-t-elle.

« Nous ne vendons pas de produits périmés »

Sa voisine et amie avait tout perdu à l’occasion de l’incendie qui a réduit en cendre tout le marché, il y a quelques années. Toutefois, elle a réussi à chercher des moyens pour investir à nouveau dans ce commerce quelquefois critiqué. Sa boutique est bien garnie en produits d’ici et d’ailleurs. Elle souligne : « nous promouvons la consommation locale ». Indiquant des affichettes collées à la devanture de l’échoppe, elle dit : « ce sont les contacts de nos fournisseurs ! » Elles portent sur des sociétés établies et bien connues des Sénégalais. Un des fournisseurs arrive sur ces entrefaits. Sa société fabrique du chocolat. Khady la camarade d’Oumy témoigne : « lorsqu’ils se rendent compte que la date de péremption de leur produits n’est plus loin, ils viennent ici nous les proposer ». Elle donne l’exemple d’une société qui produit du lait concentré « qui nous a vendu 1.100 cartons de laits, nous avons presque tout écoulé ». Mais la majorité des produits proposés aux consommateurs est fabriquée ailleurs. C’est le cas de beaucoup de produits dans l’échoppe d’Oumy et dans la quasi-totalité des échoppes de là. C’est le cas des confitures, des concentrés et autres boissons et pâtes. Oumy pointe du doigt un lot de concentrés en précisant : « c’est un blanc qui est venu ici avant-hier me les proposer ». Ainsi beaucoup de produits alimentaires atterrissent chez les vendeurs, avec souvent des étiquettes en langue étrangère, peu ou prou connue de la majorité des Sénégalais. Avec aussi des dates pas forcément correctes ou exactes. Mais pour elles, ce sont les ambulants qui proposent les produits périmés. Ce sont aussi eux qui cherchent à échapper aux contrôles et portent peu d’attention aux dates limites d’utilisation. Soda, une ambulante, se défend. Cette analphabète qui vient de boucler cinq ans comme commerçante ambulante assure : « je me ravitaille en produits au magasin, mais je ne peux pas lire les dates. Lorsque les clients hésitent, je demande à quelqu’un de m’informer. Et si les dates sont dépassées, je me débarrasse des produits ». Oumy quant à elle tire sa conclusion : « On est en train de faire un mauvais procès aux produits que nous proposons, pourtant jamais une personne n’est mort après en avoir consommé ».


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