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HOPITAL GENERAL DE GRAND-YOFF : Bras de fer entre syndicats et direction

  • Source: : APS | Le 16 septembre, 2008 à 04:09:12 | Lu 5726 fois | 0 Commentaires
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HOPITAL GENERAL DE GRAND-YOFF : Bras de fer entre syndicats et direction

Le Bloc opératoire de l’hôpital général de Grand Yoff (Hoggy) ne fonctionne plus correctement. Pour cause, le produit Fluotane utilisé pour endormir les patients n’existe plus sur le marché. L’épuisement de son stock est même à l’origine du bras de fer qui oppose les syndicats-maison à la direction de la structure. Pour les syndicats qui ont organisé un sit-in dans la matinée d’hier, lundi, cette situation découle d’une mauvaise gestion budgétaire alors que, pour la direction, il ne s’agit en fait que de revendications liées au paiement des primes d’intéressement.

La gestion des structures sanitaires au Sénégal est toujours problématique. L’exemple de l’hôpital Grand Yoff (Hoggy) illustre parfaitement cette situation qui a fini par miner les relations entre la direction et les membres du personnel. Haussant le ton, ces derniers ont organisé hier, lundi, un sit-in dans l’enceinte de la structure sanitaire où les blouses blanches se sont rassemblées en masse pour exprimer leur colère. Selon les camarades de Cheikh Seck, coordonnateur du Cadre unitaire des syndicats, la situation actuelle de Hoggy découle d’une mauvaise gestion administrative, des recrutements abusifs et d’une mauvaise orientation budgétaire dont le nouveau gestionnaire en l’occurrence, le Colonel Babacar Ngom est l’auteur. Les travailleurs ont pointé également du doigt l’Etat qu’ils prennent pour principal responsable de la situation de l’hôpital, en raison du blocage de la subvention de l’établissement hospitalier, estimée à quelque 1,3 milliard F. Cfa dont les 700 millions vont aux salaires des ex-agents de Cto.

Les protestataires soutiennent aussi que ce sont ces mêmes difficultés qui avaient poussé les agents à consentir beaucoup de sacrifices au point d’offrir plus de 71 millions de francs destinés au redressement de la structure. Dans la même optique, ils avaient également accepté de surseoir à leurs indemnités de risque, de sujetion et de responsabilité pendant une durée de deux ans. De l’argent a été prélevé de leurs salaires, mais le paradoxe, c’est qu’il n’a été reversé ni à l’Ipres ni à la Caisse de sécurité sociale (CSS), encore moins à l’Ipm.

Les agents du Hoggy disent avoir consenti l’ensemble de ces sacrifices pour aider au redressement de la structure dont les recettes avaient positivement évolué de 140 millions F. Cfa à 200 millions F Cfa par mois. Pour ces diverses raisons, les compagnons de Cheikh Seck se disent écœurés de voir que la nouvelle direction, au lieu de penser à ceux qui ont contribué à maintenir la structure en vie, préfère entretenir une nomenklatura et verser dans des dépenses de prestige au moment où le bloc opératoire n’est plus fonctionnel et que les malades hospitalisés n’ont plus de médicaments à leur disposition.

Ce qui témoigne là d’erreurs manifestes de gestion de la direction. Le redéploiement des travailleurs sans convocation de la commission ad hoc, pour plus de transparence, comme des cadres de l’hôpital devenus de simples agents ou affectés indûment à d’autres tâches, semble obéir selon les agents à cette même incurie dans la gestion de l ‘hôpital.

LE DIRECTEUR DE L’HOPITAL REAGIT

Le sit-in organisé hier par le personnel semble avoir laissé de marbre le Colonel Babacar Ngom, le gestionnaire de l’hôpital de Grand-Yoff. En effet, selon lui, seuls 10 % du personnel de l’hôpital qui compte 800 agents semblent mécontents et l’expriment à leur manière. Quand aux difficultés liées au fonctionnement du bloc opératoire, elles sont liées, explique-t-il, à une rupture de Fluotane au Sénégal.

Néanmoins, rassure-t-il, des flacons sont trouvés ici et là pour permettre de gérer les urgences et les accidentés. Répondant toujours au personnel en mouvement d’humeur, le Colonel Ngom soutient, quatre mois après sa nomination comme gestionnaire de cet hôpital, qu’il a fait évoluer positivement ses recettes qui sont passées de 120 millions F. Cfa à 250 millions de francs Cfa. Pour lui, même si les revendications des travailleurs sont légitimes, ils doivent savoir qu’il y a des urgences pour faire fonctionner l’outil de travail.

Au bout du compte, il pense que tous les problèmes que rencontrent la structure dans son fonctionnement ont pour origine la dette de 04 milliards qu’elle doit éponger bien sûr avec l’appui de l’Etat. Et le directeur du Hoggy de rappeler à qui voulait l’entendre qu’il a trouvé un hôpital dont la gestion était perturbée. En ce qui concerne les dépenses de prestige auxquelles font allusion les travailleurs, il s’agit juste, a-t-il précisé d’une manière d’humaniser l’environnement de la structure.

 


Auteur: Cheikh Tidiane MBENGUE - APS

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