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[Contribution] Une Réflexion sur la Situation du Secteur de l’Electricité au Sénégal Aujourd’hui.

  • Source: : Yahoo | Le 23 juillet, 2010 à 08:07:16 | Lu 3135 fois | 0 Commentaires
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[Contribution] Une Réflexion sur la Situation du Secteur de l’Electricité au Sénégal Aujourd’hui.

L’éternelle excuse de Me A. Wade et de Samuel A. Sarr au sujet de la situation de l’électricité est « Nous ne sommes pas un pays producteur de pétrole ». Analysons cet argument logiquement comme des gens intelligents. Car les Sénégalais sont intelligents.

Est-ce que le Président Wade et le Ministre de l’Energie suggèrent qu’aucun pays producteur de pétrole ne connait des problèmes de fourniture d’électricité ? J’espère que tel n’est pas leur intention parce que le Nigeria, un grand producteur de pétrole, connais énormément de délestages.

Peut être assument-ils plutôt que tous les pays qui ne produisent pas de pétrole subissent les mêmes types de délestages que nous connaissons au Sénégal ? Là aussi, j’espère que tel n’ai pas leur but, parce que le Japon et la plupart des pays de l’extrême orient ne produisent pas de pétrole non plus, mais ne connaissent certainement pas les délestages que les Sénégalais endurent quotidiennement.

De surcroit, si le gouvernement est conscient que le Sénégal n’est pas un pays producteur de pétrole, alors pourquoi la Sénélec construit-elle ou encore signe–t-elle des contrats de fourniture d’électricité avec des producteurs indépendants qui opèrent des centrales utilisant le pétrole comme combustible?

Donc si le peuple Sénégalais comprend bien, l’état du Sénégal construit des centrales au Fuel Oil 380 (pétrole) sachant que nous ne produisons pas de pétrole, et ensuite attribue la cause des délestages au fait que le Sénégal n’est pas un pays producteur de pétrole. Bravo ! Comme on dirait chez l’oncle SAM : Clever !

Enfin, voici une information qui devrait prouver aux Sénégalais que nous ne sommes pas encore sortis de l’auberge. Le « code des investissements » que l’APIX applique très littéralement et rigoureusement aujourd’hui, accorde toutes sortes d’avantages (sous forme d’exonération douanières et fiscales) aux producteurs d’électricité indépendants qui signent des contrats de fourniture d’électricité avec Sénélec. C'est-à-dire donc qu’aujourd’hui, au Sénégal, un producteur indépendant qui construit une centrale utilisant du pétrole comme combustible ; une ressource que nous ne produisons pas et qui est, selon le Président A. Wade et son Ministre de l’énergie, la cause de tous les déboires du Peuple Sénégalais ; et qui signe un PPA avec Sénélec pour la fourniture d’électricité bénéficie d’innombrables avantages.

En revanche les projets d’efficacité énergétique et d’économie d’énergie ne sont pas éligibles au code des investissements ; ils ne reçoivent Rien,  Darra, Nada, Nothing, Niet ! Peut-être que l’Economiste qu’est le Président A. Wade a-t’il oublié qu’en Economie, il y a l’Offre, mais qu’il y a aussi la Demande. Et que le but du jeu est de rétablir l’équilibre entre les deux.

Peut-être que la solution de retour à l’équilibre par le biais de délestages est la solution la plus facile dans un contexte où les dirigeants du Pays ont des groupes électrogènes chez eux alors que le Sénégalais Lambda n’en dispose pas.

Peut-être aussi qu’il est beaucoup plus facile de se faire des commissions sur l’approvisionnement en pétrole qu’il ne l’est de s‘en faire sur les projets qui réduisent notre dépendance envers les pays producteurs de pétrole.

Finalement voici le bouquet, l’Arme de Destruction Massive dont Sénélec dispose. La régulation du secteur que la Commission de Régulation du Secteur de l’Electricité (CRSE) assure, prévoit une pénalité due aux abonnés de Sénélec sous forme de remise (qui est appliquée durant la prochaine révision tarifaire) pour l’électricité Non-Fournie. Cet à dire que lorsque Sénélec atteint un certain niveau de délestages (en kWh) durant l’année, elle commence à accumuler une pénalité d’environs 1.200 FCFA par kWh d’énergie non-fournie qui est restituée aux consommateurs (consommateurs au sens large et non pas uniquement aux consommateurs délestés). Cette pénalité annuelle ne peut en aucun cas excéder 2% du chiffre d’affaire de Sénélec pour l’année en cours. En somme, Sénélec n’a aucun intérêt à éviter que des délestages se produisent une fois que le cap des 2% est atteint. En d’autres termes si la pénalité maximale est déjà atteinte au mois de Juin (ce qui est fort probablement le cas cette année), pourquoi Sénélec devrait-elle investir un seul centime pour éviter des délestages durant les 6 derniers mois de l’année ? Un tel investissement serait économiquement irrationnel ; et constituerai essentiellement un investissement à valeur actuelle nette négative ou encore une destruction du capital investi.

Voila de quoi donner à réfléchir au Peuple et à nos élus sur la politique énergétique menée au Sénégal aujourd’hui.

Patriotiquement Votre ! 


Auteur: A.Ndiaye. - Yahoo

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