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Afrique

Ces Africains de Libye qui vivent dans la crainte

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Ces Africains de Libye qui vivent dans la crainte

Il craint la violence contre les réfugiés africains en Libye. D’autant plus après certaines rumeurs circulant sur les mercenaires que le colonel Kadhafi engagerait pour combattre la population en révolte. Mohamed Jumba, ressortissant rwandais, habite maintenant aux Pays-Bas, mais il a étudié à la fin des années 90 dans une université libyenne des environs de Tripoli. Il a vu de près la haine dont font l’objet les Africains.

Mohamed Jumba est arrivé aux Pays-Bas en 2000 en tant que réfugié. Entre-temps, il a obtenu un permis de séjour permanent et étudie dans une école supérieure. Le jeune Rwandais ne veut pas apparaître à visage découvert. Il souhaite seulement partager ses expériences dans l’espoir que la communauté internationale ne ferme pas les yeux devant la situation des Africains en Libye.

Etudes gratuites
Jumba fait partie de ces heureux élus qui avaient le droit de faire des études dans ce pays à la fin des années 90. Les liens entre la Libye et le Rwanda étaient très serrés à cette période. Kadhafi a fait construire des écoles et des mosquées dans son pays. Les étudiants africains ont été invités afin d’étudier gratuitement en Libye. Tous les frais étaient payés : nourriture, livres, logement. Tout cela fait partie de l’image que Kadhafi se plaît à donner de lui : un grand leader qui se soucie du sort du continent africain.

Jumba est inscrit dans une université réservée uniquement aux étudiants étrangers. Les Libyens n’y ont pas accès. Il espère suivre une étude qu’il a choisie, comme on le lui a promis. Mais le gouvernement libyen en décide autrement. La langue et la culture arabes, l’islam et l’idéologie politique de Kadhafi – écrite dans son fameux livre vert – font partie des cours obligatoires.

"Nous avions d’autres rêves. Je voulais étudier l’informatique, mais je n’en ai pas eu le droit. C’était un véritable lavage de cerveau. Nous devions apprendre la langue et la culture arabes. Pour penser et rêver en arabe."

Pas en sécurité
En dehors des campus universitaires sûrs, des millions d’Africains sont à la recherche d’un emploi. Ou alors, ils utilisent le pays comme port de transit vers l’Europe. Kadhafi invite de plus en plus de leaders africains qu’il couvre de cadeaux pour gagner leur soutien. Sa propre population vit dans la pauvreté. Ces frustrations conduisent à des frictions entre des Libyens et des Africains. Mohamed Jumba ne se sent pas en sécurité.

"En tant que noir, il arrivait que tu reçoives un coup dans la rue. Sans raison. Je voulais acheter un foulard dans un magasin, mais le vendeur a refusé de me le vendre. Il m’a dit qu’il ne m’acceptait pas en tant que personne. Certains atterrissaient à l’hôpital ou étaient tués. Je connais des exemples d’Africains qui ont été laissés pour mort dans le désert." Après ces événements, les étudiants étrangers n’avaient pas le droit de voyager vers Tripoli sans raison. Ils devaient d’abord avoir la permission du proviseur.

Mohamed Jumba veut rendre visite à sa famille après deux ans. Il obtient un billet gratuit des autorités libyennes, Mais Mohamed n’est pas le bienvenu au Rwanda. Puisqu’il est étudiant en Libye, il est considéré comme suspect. Jumba s’enfuit en 2000 vers les Pays-Bas.

Mercenaires
Mohamed suit les derniers événements de Libye avec attention. Il se fait du souci pour tous les Africains qui restent dans le pays. Une grande partie d’entre eux sont enfermés dans des camps et n’ont pas la possibilité d’aller en Europe à cause des accords passés entre la Libye et l’Italie. Kadhafi utiliserait des mercenaires africains pour combattre son propre peuple. Jumba n’exclut pas cette possibilité.

"Il est possible qu’il essaie d’amadouer les réfugiés africains avec des promesses. Il y a beaucoup de privations dans les camps. Il leur promet la liberté, mais ils doivent en retour de se battre pour lui. Il est très dangereux. Kadhafi est désespéré. S’il reste au pouvoir, cela va coûter la vie à de nombreuses personnes."

Mohamed Jumba craint que la colère de la population libyenne atteigne aussi les Africains qui n’ont rien à voir avec le conflit. La situation des réfugiés est très grave. Ils n’ont pas le droit d’aller vers l’Europe et souvent ne peuvent pas retourner dans leur propre pays. Jumba espère que la communauté internationale va se soucier du sort des Africains. Dans le cas contraire, il craint un bain de sang.

"Quand j’étais étudiant en Libye, il s’est passé des choses graves. Et à cette époque, il n’était pas question de soulèvement. Si des mercenaires africains ont tiré sur des Libyens, les gens peuvent voir cela comme une vengeance sur tous les Africains. De nombreuses personnes innocentes vont en payer le prix."


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2 Commentaires

  1. Auteur

    Nana

    En Février, 2011 (19:45 PM)
    oui perv com nastou :haha: 
  2. Auteur

    Boul From Germany

    En Février, 2011 (20:45 PM)
    la fusion du future doit rester commune avec une afrique unis pas de division parcontre l afrique du nord nous handicape beaucoup pour le cas l unite africaine il se sent au dessus de tout le monde il faut qu il reste sur terre et savoir nous sommes au meme pieds d egalite qu il n est pas de distinctions de race de religion ou d ethenies

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