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Allemagne : Martin Schulz démissionne de la présidence du SPD

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Allemagne : Martin Schulz démissionne de la présidence du SPD

Martin Schulz a démissionné de la présidence du Parti social-démocrate allemand (SPD) pour mettre fin à des polémiques internes. Un congrès extraordinaire se tiendra le 22 avril pour nommer son successeur. Andrea Nahles est bien placée.

Il veut permettre au parti de se "réinventer". Martin Schulz a quitté la présidence du Parti social-démocrate allemand (SPD), mardi 13 février, espérant mettre un terme aux turbulences qui secouent la formation de centre gauche depuis la conclusion d'un accord de coalition avec les conservateurs. "J’ai annoncé aux instances du parti que je quittais à compter d’aujourd’hui mes fonctions, a-t-il déclaré à la presse à Berlin. Le SPD a besoin d’un renouveau en termes de personnes et de programme".

La direction du parti a choisi Andrea Nahles, actuelle présidente du groupe parlementaire du SPD, pour reprendre la présidence ; mais cette proposition devra être soumise au vote des adhérents le 22 avril, à l'occasion d'un congrès extraordinaire à Wiesbaden (ouest). D'ici là, c'est le maire de Hambourg Olaf Scholz qui assurera l'intérim.

Si elle est élue, Andrea Nahles sera la première femme à diriger le SPD depuis la création du parti, il y a 154 ans. Martin Schulz souhaitait que l'ancienne ministre du Travail prenne immédiatement sa succession en accédant à la présidence par intérim. Mais cette décision, qui enfreignait les règlements du parti, a fait l'objet de contestations internes.

Le SPD à 1,5 % du parti d'extrême droite AfD dans un sondage

Martin Schulz a également dû renoncer, le 9 février, au poste de chef de la diplomatie face aux critiques de sa base, qui lui reprochait de trop penser à sa carrière personnelle. Arrivé comme un sauveur à la tête du SPD il y a un an, et perçu un temps comme un rival possible d’Angela Merkel, l’ancien président du Parlement européen connaît une fin abrupte. "J’ai connu des hauts et des bas à ce poste comme rarement", a convenu Martin Schulz, soulignant que les turbulences récentes l’avaient parfois "pris aux tripes", mais qu’il partait "sans amertume".

Après avoir enregistré aux législatives de septembre 2017 le pire score électoral (20,5 %) de l’histoire de l’après-guerre pour les sociaux-démocrates, Martin Schulz voit aujourd’hui son mouvement se déchirer au sujet de la question de l’alliance avec la droite. Une consultation doit avoir lieu du 20 février au 2 mars sur l'accord de coalition avec les conservateurs (CDU-CSU) d'Angela Merkel, et son résultat annoncé le 4 mars.

L'incertitude est totale en raison des profondes divergences au sein du parti. Conservateurs et SPD ont déjà gouverné deux fois ensemble au sein d'une "grande coalition", en 2005-2009 et 2013-2017, et à chaque fois le SPD en est sorti affaibli. En cas de victoire du "non", de nouvelles élections semblent probables, avec en perspective une possible montée en puissance de l'Alternative pour l'Allemagne (AfD), le parti d'extrême droite qui a fait son entrée en force au Parlement en septembre, et une nouvelle claque électorale pour le SPD.

Selon un sondage INSA publié mardi, le SPD ne recueille que 16,5 % d'intentions de vote en cas d'élections anticipées, un point et demi seulement devant le parti d'extrême droite AfD. Le bloc conservateur CDU-CSU de Merkel perd un point, à 29,5 %.


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